Eric

Eric ♦ Relieur et restaurateur de livres anciens – Reims

Samedi après-midi. J’arrive dans un charmant petit immeuble du centre ville, Eric m’ouvre la porte de son appartement le sourire aux lèvres, les effluves de parfum made in Lampyre m’émoustillent les narines. Des macarons La Petite Friande, les préférés d’Eric, m’attendent accompagnés d’un thé blanc fumant et de la vue sur la Cathédrale. Parfait.

Eric exerce un métier poétique et créatif mais aussi technique et minutieux, il est relieur de livres. Originaire de Troyes, Eric a suivi le cursus de la prestigieuse école Boulle puis a travaillé dans la muséographie pour des maisons de luxe telles que Chanel. Malgré un travail passionnant, la partie événementielle de ce métier ne lui laisse que peu de temps pour sa vie personnelle et il pense à changer d’activité. Le destin ou le hasard, comme vous voulez, le mène aux portes ouvertes d’un centre de formation où il découvre la reliure, lui qui enfant, était déjà attiré par la dorure des tranches de livres de son père bibliophile.

Suite à son licenciement en 2009, il décide de se consacrer exclusivement à la reliure mais cette activité n’est pas économiquement viable dans l’Aube. Son installation à Reims est un choix réfléchi. La cité des sacres se révèle être un bon compromis entre l’Ile de France où Eric continue à travailler et sa famille à Troyes.

Au début, Eric travaille de chez lui où il aménage son atelier. A force de patience et de persévérance, sa clientèle se développe et se fidélise, il réussit à installer une relation de confiance avec les rémois.

Mais c’est suite à une rencontre que sa carrière va prendre un nouveau tournant. Il fait la connaissance de Steeve Grandsire aux Puces de Reims avec qui il sympathise. Eric, alors en demande d’un espace plus grand, découvre l’Atelier HyperespaceTravailler seul devient pesant et l’Atelier Hyperespace bénéficie d’un réseau important pour son activité. Aucun regret, Eric est très heureux de travailler dans cet espace de co-working en compagnie d’autres créateurs et artistes et d’effectuer une réelle séparation entre sa vie personnelle et sa vie professionnelle.

Aujourd’hui, Eric souhaite développer une nouvelle activité qui lui tient beaucoup à cœur et qui n’est pas proposée dans notre région, la restauration de gravures anciennes. Outre son métier de relieur, Eric élabore des « curiosités » nées de son intérêt personnel pour les cabinets de curiosités du 18ème siècle, grâce à ses connaissances techniques et esthétiques de mise en valeur d’objet d’art acquises lorsqu’il s’exerçait à la muséographie.

Ta pièce favorite

Mon salon, c’est un véritable refuge, je choisis avec soin tous les objets et meubles qui le composent pour me fabriquer mon cocon, c’est l’endroit de la maison où je me sens le mieux.

Ce que tu aimes faire chez toi

Déplacer les objets (rires). Je passe un temps fou à faire ça. Trouver une place idéale pour chaque chose. J’accumule aussi, surtout les cadres, j’ai un mur dédié dans ma chambre, je ne supporte pas les murs blancs. Je lis beaucoup aussi et je regarde une série dont je suis fan, Downton Abbey.

l’objet dont tu ne te sépares jamais ?

Ma collection de craquelés animaliers des années 30 et plus particulièrement « La femme au lévrier » mais elle est en restauration actuellement, un accident malheureux… C’est la toute première pièce de ma collection, je l’ai trouvé aux Puces de Reims. Les grands magasins comme Le Printemps avaient tous un fabricant de craquelés, c’était l’objet de décoration phare dans les années 30.

Un objet fantasmé

Alors ce n’est pas un objet mais je rêve d’un petit château paumé en Provence, c’est un rêve qui me vient de mon enfance, de la saga de Marcel Pagnol que j’ai adoré.

Ton mouvement ou époque artistique favorite ?

L’Art déco et ses formes géométriques et l’Art nouveau dont la période fut très courte. Pour être plus précis j’aime beaucoup le « style nouille » en France, la Sécession viennoise, un courant artistique qui s’est épanoui en Autriche, plus particulièrement à Vienne à la fin du 19ème, Charles Rennie Mackintosh, qui fut le principal représentant de l’Art nouveau en Écosse et le Modern Style en Catalogne avec Antoni Gaudi.

tes playlists

Pour les livres, Mécaniques du chaos de Daniel Rondeau et La guerre en tête d’Auguste Fontaine. Pour ce dernier, il y a une connotation sentimentale car j’ai rencontré Auguste Fontaine qui est décédé depuis, je garde précieusement son ouvrage.

Pour la musique, Vulcanicura String de Bjork, The Golden Age de Woodkid et Bleu Pétrole d’Alain Bashung.

Tes lieux fétiches

La bibliothèque Carnégie avec son lustre exceptionnel, la Villa Demoiselle, un bijou d’Art Nouveau. Le Musée Plantin-Moretus à Anvers, une ancienne imprimerie du 18ème où se trouve la Bible de Gutenberg. Le Centre Pompidou à Paris pour son atmosphère et le Château de Versailles car j’ y ai travaillé et je connais quelques secrets bien gardés… Le Musée de la Chasse  et de la Nature pour son esprit 18ème et mais aussi parce que j’ai contribué à son installation.

Process Magazine – Carnet Olivier Marescaux x Eric Charpentier

Tes artistes incontournables

Olivier Marescaux, Sophie Calle, Francis Bacon, Pierre et Gilles et David Lachapelle.

Merci Eric pour ta gentillesse et pour les gourmandises. Et continues à nous faire rêver à travers ton métier et tes curiosités.

Vous pouvez trouver toutes les infos utiles sur le travail d’Eric ainsi que ses créations sur son site Reliure et Curiosités.

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